"Eh! m'sieur le président, la raison a deux bouts: le bon et le mauvais.Il n'y en a qu'un sur lequel vous puissiez vous appuyer avec solidité: c'est le bon! On le reconnaît à ce que rien ne peut le faire craquer, ce bout-là, quoi que vous fassiez!quoi que vous disiez! Au lendemain de la galerie inexplicable, alors que j'étais comme le dernier des hommes qui ne savent point se servir de leur raison parce qu'ils ne savent par où la prendre, que j'étais courbé sur la terre et sur les fallacieuses traces sensibles, je me suis relevé soudain en m'appuyant sur le bon bout de ma raison et je suis monté dans la galerie.
Là, je me suis rendu compte que que l'assassin que nous avions poursuivi n'avait pu, cette fois, ni normalement, ni anormalement, quitter la galerie.Alors, avec le bon bout de ma raison, j'ai tracé un cercle dans lequel j'ai enfermé le problème, et autour du cercle, j'ai déposé mentalement ces lettres flamboyantes: "Puisque l'assassin ne peut-être en dehors du cercle, il est dedans"
Gaston Leroux, Le Mystère de la Chambre Jaune (Joseph Rouletabille)
"Prenez-vous toutes les cinq minutes la main gauche avec la main droite et demandez-vous""Est-ce toi Larsan?"Quand vous vous serez répondu, ne soyez pas trop rassuré, car il vous aura peut-être menti et il sera déjà dans votre peau que vous n'en saurez rien encore!"
Gaston Leroux, Le parfum de la Dame en Noir (Joseph Rouletabille)
Ah! ah! on se moquait tout dans un air pareil, pourvu que l'on eût des roubles dans sa poche, beaucoup de roubles, et que l'on ne fût pas abrutis, bien sûr, par la lecture de ces livres extraordinaires qui prêchent le bonheur de l'humanité aux étudiants et aux pauvres étudiantes.Ah! ah! graine de nihilistes tout cela!Des pauvres petits messieurs et de pauvres petites madames qui ont la tête tournée par des lectures qu'ils ne digèrent pas! Car tout est là, la digestion!...La digestion en tout est nécessaire.Messieurs les commis voyageurs en champagne qui s'entretiennent avec importance près du padiès de l'hôtel de la Grande Morskaïa et qui ont étudié ce peuple russe jusqu'au fin fond des plus lointaines villes où l'on peut boire du champagne, vous le répèteront à la table des zakouskis, et vous règleront la question de la Révolution entre deux petits verres de vodka, avalés proprement, vivement, haut le coude, d'un seul coup, à la russe.Affaire de digestion, vous dis-je.Quel est le fou qui oserait comparer un jeune monsieur qui a bien digéré une bouteille de champgne ou deux, et un autre jeune monsieur qui a mal digéré les élucubrations - nous disons:élucubrations - des économistes? Les économistes? Les économistes! des fous qui se défient à qui en dira de plus fortes! Ceux qui les lisent et ne les comprennent pas s'en tirent avec une bombe! A votre santé! Nitchevô! comme dit l'autre...La terre tourne, n'est-ce pas?
Gaston Leroux, Rouletabille chez le Tsar (Narration)
Et les audacieux sentirent aussitôt aussitôt sur leurs nuque les coups de poings de l'ouragan qui plongeait dans la neige, la fouillait, et la dispersait!Les chevaux baissaient la tête et s'ébrouaient.D'immenses tourbillons entouraient la caravane.La Candeur se lamenta lugubrement.Vladimir éclata d'un rire insensé et insultant pour Dieu ou le Diable qui avait pris soin de cette infernale tourmente.Le temps et l'espace semblaient avoir cessé d'exister .Nos voyageurs avancent-ils? Restent-ils en place? Fait-il nuit? Fait-il jour?...Et cette ombre formidable, là-bas, apparue tout à coup avec ses créneaux, ses mâchicoulis, ses échauguettes, son donjon et ses tours... cette ombre terrible accourt-elle vers eux ou glissent-ils vers elle?
Non! Non! ceci n'est pas un rêve, un cauchemar, ceci n'a rien d'une hallucination...ceci existe...Le "Château Noir" est bien accroupi sur ce roc d'enfer, suspendu comme une menace au-dessus de cet abîme...Le Château Noir existe.Il a une place sur la terre et sur la carte et cependant il est plus terrible à voir que les horribles châteaux dessinés par la folie ou par le génie de l'homme ou par l'imagination extravagante et maladive des poètes!
Gaston Leroux, Le Château Noir (Narration)
On n'a jamais vu chez Joseph Rouletabille une fureur pareille! Eh! en vérité, elle est bien excusable chez un jeune homme qui est connu dans le monde entier pour avoir pénétré les plus obscurs mystères, pour avoir démêlé les iintrigues criminelles les plus compliquées, et qui se retrouve tout à coup et pour la première fois de sa vie, devant le mystère du coeur féminin auquel il ne comprend rien du tout!
Le "bon bout de sa raison" qui, jusqu'à ce jour, l'avait soutenu dans les pires épreuves en le conduisant irrésistiblement sur le chemin de la vérité, ne lui est plus bon à rien.C'est en vain qu'il l'a appelé à son secours...quelle défaite!"Le bon bout" de la raison l'a laissé en route; ni plus ni moins que s'il avait été le plus mauvais...Et la cause d'une pareille catastrophe?...Une femme! une simple jeune fille que Joseph Rouletabille aimait naguère de tout son coeur et qu'il prétend détester maintenant de toute son âme: Ivana Vilitchkov.
Gaston Leroux, Les Etranges Noces de Rouletabille (Narration)
"Taisez-vous si vous ne parlez pas sérieusement, Rouletabille...car vous m'ouvrez des horizons...! des horizons!...Je me vois déjà chez Krupp! comme représentant de la jeune Turquie!...Avec la princesse Botosani, Rouletabille, tout est possible!...
-Et avec vous, Vladimir, tout est-il possible?"
Le Slave fut un instant sans répondre, puis, brusquement, il jeta:
"Non! pas ça!...Non! ça je ne le pourrais pas!...Servir les Turcs, c'est servir les "autres" Rouletabille!...Et ça je ne le ferai jamais!...Ca n'est peut-être pas bien épatant ce que je vais vous dire: figurez-vous tout de même qu'aux premier jours de septembre 1914, quand les premières patrouilles de uhlans n'étaient plus très loin de la tour Eiffel...Eh bien! figurez-vous que j'ai pleuré! Oui! j'ai pleuré à l'idée que les Fritz allaient abîmer Paris!...J'aime votre Paris à un point que vous ne pouvez pas imaginer, vous qui me connaissez sous un aspect plutôt "je-m'en-fichiste", et que seuls peuvent comprendre ceux qui y sont venus une fois, qui sont repartis bien loin et qui y pensent toujours!...J'aime Paris pour tout le plaisir de le voir qu'il m'a donné!...J'aime Paris parce que c'est ce qu'il y a de plus chic au monde!...Et je ne ferai jamais rien contre Paris! Voilà!"
Gaston Leroux, Rouletabille chez Krupp (Joseph Rouletabille-Vladimir Pétrovitch)
Voilà, c'était un petit extrait des
Aventures extraordinaires de Rouletabille, reporter.J'ai mis à chaque fois un passage qui me paraissait représenter à peu près l'esprit de l'épisode lol.Sauf pour le dernier où j'ai juste mis mon passage préféré, sans qu'il traduise vraiment le bouquin...quoique, si on pense que le but de l'affaire dans
Rouletabille chez Kruppc'est précisément de sauver Paris...bref, à venir, donc, un extrait du
Crime de Rouletabille et de
Rouletabille chez les Bohémiens.( je dois juste les relire avant,pour trouver un petit extrait bien aproprié!)